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L’éco-anxiété : quand la planète et l’humain résonnent au même rythme

  • Photo du rédacteur: Ecole Française de Psychologie Fonctionnelle
    Ecole Française de Psychologie Fonctionnelle
  • 14 août 2025
  • 4 min de lecture

Par Pr. Luciano Rispoli – adapté par l’EFPF


Jamais auparavant l’humanité n’avait ressenti une telle inquiétude face à l’avenir de la planète.Sécheresses, incendies, inondations, fonte des glaciers : le climat change sous nos yeux et cette transformation rapide se répercute profondément sur notre psychisme.

Les jeunes générations, en particulier, parlent aujourd’hui d’éco-anxiété : une peur diffuse, mêlée d’impuissance, de colère et de tristesse.Mais ce malaise ne se réduit pas à une simple inquiétude pour l’avenir. Il reflète une résonance profonde entre l’état de la Terre et l’état de l’être humain.

La Psychologie Fonctionnelle nous offre une clé de lecture originale et éclairante : considérer la planète comme un organisme vivant, comparable à l’organisme humain.



La Terre, un organisme vivant

Depuis l’hypothèse de Gaïa jusqu’aux traditions anciennes, l’idée que la Terre soit un organisme vivant n’a cessé d’accompagner l’humanité.

La Psychologie Fonctionnelle propose de lire la planète à travers les mêmes plans fonctionnels que l’être humain :

  • le plan cognitif et symbolique

  • le plan émotionnel

  • le plan postural et moteur

  • le plan neurovégétatif et physiologique

Cette analogie permet de comprendre pourquoi le déséquilibre climatique nous touche si directement et si intimement.



Le plan cognitif et symbolique : sens, cycles et repères

L’être humain donne du sens à sa vie à travers des repères, des projets et des cycles.La planète, de la même façon, fonctionne à travers des rythmes précis : saisons, alternance jour/nuit, cycles de l’eau, naissance et décomposition.

Pour la Terre

  • Sa mémoire est inscrite dans ses paysages, ses fossiles, ses couches géologiques.

  • Sa capacité de projet se traduit par une régénération constante : la vie renaît après les extinctions.

  • Ses valeurs reposent sur l’équilibre entre vie et mort, entre fécondité et destruction.


Quand les cycles se brisent

Lorsque ces cycles sont altérés — sécheresses, pollution, disparition d’espèces — le sens se perd.

Pour l’être humain

Cela résonne par :

  • une perte de repères,

  • une confusion cognitive,

  • une montée de la pensée magique,

  • une difficulté à se projeter dans l’avenir.

Lorsque la planète devient imprévisible, notre sentiment de sécurité intérieure vacille.



Le plan émotionnel : une planète qui « ressent »

La Terre « exprime » ses émotions à travers ses phénomènes naturels :

  • calme et sérénité : un lac tranquille, une forêt préservée

  • joie éclatante : biodiversité foisonnante

  • tristesse : forêts asséchées, espèces disparues

  • colère : tempêtes, incendies dévastateurs

Ces forces émotionnelles entrent en résonance avec les nôtres.

👉 L’éco-anxiété se nourrit de ce déséquilibre émotionnel planétaire.Nous ressentons de la tristesse, de la colère ou de la peur non seulement par empathie, mais parce que notre organisme est profondément relié à son environnement.



Le plan postural et moteur : mouvements et tensions

La planète se transforme aussi dans ses mouvements et ses « postures » :

  • mouvements lents : évolution du climat, transformation des paysages

  • mouvements brusques : séismes, cyclones, inondations

  • postures accueillantes : paysages harmonieux

  • postures hostiles : déserts arides, territoires pollués


Résonance corporelle chez l’humain

Chez l’être humain, les tensions corporelles, l’agitation ou la rigidité reflètent ces déséquilibres.

Aujourd’hui, la Terre semble agitée de spasmes violents.Nos corps, en résonance, développent :

  • stress,

  • agitation,

  • tensions musculaires,

  • rigidité posturale.



Le plan neurovégétatif et physiologique : respiration et régulation

Comme tout organisme vivant, la Terre a besoin de :

  • respirer,

  • réguler sa température,

  • éliminer ses déchets,

  • maintenir ses équilibres internes.


Pour la planète

  • respiration : équilibre du CO₂ et de l’oxygène

  • métabolisme : élimination des polluants

  • équilibre thermique : maintien des températures saisonnières


Pour l’humain

Lorsque ces fonctions se dérèglent, la planète « tombe malade ».Cela se reflète en nous par :

  • maladies respiratoires,

  • fatigue chronique,

  • troubles du sommeil,

  • perte de vitalité.

La souffrance physiologique de la planète se répercute directement sur nos corps.



L’éco-anxiété : une résonance psychocorporelle globale

L’éco-anxiété n’est pas seulement une peur de l’avenir.Elle est la répercussion directe des désordres planétaires sur notre organisme.

Elle s’exprime sur plusieurs plans :

  • cognitif : perte de repères, sentiment d’impuissance

  • émotionnel : tristesse, colère, inquiétude permanente

  • postural : tensions, agitation, rigidité corporelle

  • physiologique : stress, troubles respiratoires et digestifs

Les jeunes générations naissent et grandissent dans une ambiance de précarité environnementale.Leur psychisme s’imprègne de cette instabilité, nourrissant une angoisse de fond, souvent diffuse mais persistante.



La précarité de la planète et ses effets sur le fonctionnement humain

Le déséquilibre planétaire impacte certaines fonctions du Soi :

  • course effrénée pour ne pas « perdre » ou « louper » quelque chose

  • avidité d’argent et de reconnaissance

  • surconsommation (eau, vêtements, ressources)

  • importance excessive de l’image

  • éloignement des valeurs essentielles

  • croissance parallèle de la pauvreté et du vide intérieur

Ces mécanismes sont accentués par l’aggravation de la crise climatique, créant un cercle de tension et d’insécurité.



Une vision fonctionnelle pour l’avenir

Considérer la planète comme un organisme vivant, c’est déjà un pas immense pour comprendre comment la soigner.

La Psychologie Fonctionnelle propose de restaurer les cycles planétaires comme on restaure la santé d’un organisme malade.

La crise climatique n’est pas seulement :

  • écologique,

  • économique,

  • politique.

Elle est aussi psychologique et existentielle.



Conclusion : prendre soin de la Terre, c’est prendre soin de nous

L’éco-anxiété nous rappelle que nous sommes profondément liés à notre environnement.Les souffrances de la planète résonnent dans notre corps et dans notre psychisme.

Soigner la Terre, c’est aussi :

  • retrouver des émotions plus apaisées,

  • une respiration libre,

  • un sentiment d’avenir possible.

La Psychologie Fonctionnelle nous invite à ce double soin :préserver la planète comme un organisme vivant et retrouver, en résonance, une santé psychocorporelle plus complète et harmonieuse.

L’éco-anxiété n’est donc pas seulement un état psychologique :c’est une résonance profonde entre l’organisme Terre et l’organisme humain.

 
 
 

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