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Phobie scolaire chez les jeunes : une invitation à restaurer le cœur de leur fonctionnement

  • Photo du rédacteur: Ecole Française de Psychologie Fonctionnelle
    Ecole Française de Psychologie Fonctionnelle
  • 14 sept. 2025
  • 5 min de lecture

Quand un enfant ou un adolescent vit la peur intense de l’école, ce n’est pas seulement une difficulté passagère : c’est souvent le signe que quelque chose de profond s’est altéré dans ce qui le fonde comme personne.

Avec la Psychologie Fonctionnelle, nous tendons vers une approche douce, respectueuse, qui accompagne pas à pas, avec chaleur, vers la restauration de ce qui a été blessé — non pour imposer un modèle, mais pour permettre à chacun de réinvestir sa place, sa force, sa joie.



Qu’est-ce que la phobie scolaire, vue autrement

Ce que nous nommons « phobie scolaire » est un refus anxieux, une profonde inquiétude qui paralyse, l’anticipation de moments de honte, de rejet, de jugement, accompagnée de symptômes physiques (angoisse, douleurs, nausées…), de troubles du sommeil…

Ce n’est pas un choix, mais une réaction protectrice d’un être en souffrance.

Beaucoup de peurs peuvent être « cachées » : peur de ne pas être à la hauteur, peur de l’humiliation, peur du regard des autres, peur de ne pas réussir, peur d’être rejeté(e)…

Ces peurs s’amassent, cristallisent, finissent par devenir ce que l’on appelle le fonctionnement : la manière dont la personne vit, bouge, respire, pense, ressent au quotidien.



Le regard de la Psychologie Fonctionnelle

La Psychologie Fonctionnelle considère que chaque personne est constituée d’un fonctionnement profond, fait d’Expériences de Base nombreuses, de fonctions (émotionnelles, physiologiques, posturales, symboliques…) interdépendantes.

Certains de ces éléments de fond — les Expériences de Base — peuvent avoir été altérés, peu nourris, fragilisés au fil de la vie, dès l’enfance.

Ces manques ou altérations expliquent en partie pourquoi des peurs s’installent, pourquoi le jeune peut se sentir vulnérable, désarmé face à des situations que d’autres peuvent traverser sans ce poids dans le corps ou le cœur.



Le chemin de restauration : Expériences de Base, Force, valeur de soi et partage

Voici une proposition de parcours intérieur, inspirée de la Psychologie Fonctionnelle, qui s’affirme comme un chemin de guérison, de restauration, de redécouverte de soi.

Il ne s’agit pas d’obligations ou de règles strictes, mais de repères bienveillants pour accompagner un jeune vers plus de sécurité, de courage et d’appartenance.


1. Instaurer la sécurité intérieure

Très tôt, travailler à ce que le jeune puisse sentir qu’il est en sécurité — intérieurement et extérieurement.

Quand beaucoup de peurs sont cristallisées, cela passe par des gestes, des paroles, des sensations psychocorporelles, des espaces (physiques, relationnels) rassurants.

On l’aide à éloigner ou à diminuer les peurs cachées, par des appuis simples : présence, écoute, constance.

La Sécurité est comme un socle doux sur lequel s’appuie tout le reste.


2. Retrouver la Force : élan, consistance et force calme

Le manque de Force est souvent central : le jeune peut se sentir fragile, vide, pas capable de résister au regard des autres, à l’agressivité, à la timidité.

En Psychologie Fonctionnelle, nous travaillons à restaurer la Force ouverte — celle qui donne l’élan, qui aide à se battre pour soi, à poser des limites, à exister dans son corps, dans ses gestes.

On cultive la Force Calme, une force douce mais ferme, stable comme la base d’un être.C’est la résistance à la difficulté, la capacité de ne pas se laisser submerger.


3. Restaurer la valeur de soi : fierté d’être soi

Avec la peur vient souvent la honte, le sentiment de ne pas mériter, de ne pas être assez.

Partager la vérité de son vécu, accueillir ses fragilités, mais aussi ses réussites, même petites, permet de reconstruire cette valeur.

Être soi, avec ses qualités et ses défauts, c’est se sentir digne, légitime.C’est repousser la honte, laisser grandir l’estime et la fierté.


4. Retrouver le partage : appartenance et place dans le monde scolaire

Quand on est en phobie scolaire, l’isolement pèse : séparation avec les camarades, décrochage, perte de lien.

Un moment de guérison consiste à retrouver le plaisir de partager, d’être parmi les autres, de sentir simplement qu’on est comme les autres, que l’on prend sa place d’élève, progressivement, sans pression.

Le partage peut être social, pédagogique, artistique ou amical.


5. Expériences de gagner : courage, capacité et victoire intérieure

Tout au long du processus, chaque pas compte : chaque retour à l’école même partiel, chaque confrontation à une peur, chaque moment de résistance… ce sont des victoires.

Ces expériences de gagner bâtissent le courage, la confiance, la sensation douce mais puissante d’avoir surmonté un obstacle.

Cette accumulation nourrit la fierté et la force de continuer.



Le stress chronique : un ennemi discret mais puissant

Un autre aspect souvent sous-estimé est le stress chronique : ce n’est pas juste un moment de tension, mais une tension prolongée qui use, qui fatigue, qui déséquilibre.

Chez les jeunes en phobie scolaire, le stress est souvent présent en continu : à l’approche de l’école, dans les nuits, dans les pensées, dans le corps.

  • Le stress chronique peut rendre l’organisme hypervigilant, la peur permanente, la respiration bloquée, le rythme cardiaque accéléré.

  • Il affaiblit les ressources internes : moins de sommeil, moins de capacité à se concentrer, moins de patience, plus d’irritabilité.

  • Il empêche souvent les étapes de réparation de faire leurs effets.

La Psychologie Fonctionnelle propose des outils spécifiques pour ré-harmoniser les capacités naturelles de l’organisme : respirations, mouvements, exercices corporels, relâchement musculaire, détente physiologique, régulation des fonctions végétatives.



Le soutien essentiel : parents, proches et environnement

Ce chemin de restauration ne se fait pas seul, et il ne devrait jamais être subi.

Le jeune a besoin d’être soutenu :

  • Les parents : écoute, absence de jugement, constance, chaleur, valorisation des progrès.

  • Les amis proches : présence, appels, moments de partage pour contrer l’isolement.

  • L’école : aménagements, souplesse, relais bienveillants, enseignants informés.

  • Le thérapeute ou accompagnant en Psychologie Fonctionnelle : création d’un espace sûr et accompagnement progressif.



Exemple de parcours d’accompagnement en Psychologie Fonctionnelle

Voici un exemple possible de déroulé, non linéaire et adaptable :

  1. Rencontre chaleureuse et création de l’alliance

  2. Repérage des Expériences de Base altérées

  3. Travail psychocorporel et respiratoire pour apaiser le stress

  4. Renforcement de la Force ouverte et de la Force Calme

  5. Cultiver la valeur de soi

  6. Réintroduction douce de l’école

  7. Consolidation du partage

  8. Célébration des victoires et prévention de la rechute



Conclusion

Quand un jeune est pris dans la phobie scolaire, l’enjeu n’est pas seulement de le ramener physiquement à l’école, mais de restaurer ce qui a été blessé dans son fonctionnement profond.

Par la Psychologie Fonctionnelle, en travaillant les Expériences de Base, en apaisant le stress chronique, en donnant du soutien et en valorisant chaque pas, il devient possible de redonner au jeune le courage, la capacité et la joie d’être lui-même — et de retrouver sa place à l’école, pour lui-même avant tout.

 
 
 

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